Langue de bois et plume de plomb

Cette nouvelle année commence bien ! Quoi de plus jouissif en effet que de voir les progressistes de tous poils s’entre-déchirer et user sur eux-mêmes des méthodes stigmatisantes qu’ils réservent d’ordinaire aux nationaux ! Pour preuve, une polémique sévère vient d’éclater entre des responsables de la majorité présidentielle et la Direction du journal Le Monde à propos de la Une de son magazine représentant Emmanuel Macron avec les « codes graphiques de l’iconographie nazie » selon eux. Pour Richard Ferrand, il n’y a pas de doute possible ! Psychodrame. Ce sujet serait totalement anodin, surtout pour nous qui en avons entendu et subi bien d’autres, si le Directeur des rédactions du journal n’avait pas été contraint par le tollé élyséen engendré de s’expliquer et de présenter des excuses, et quelles excuses !!!
Le Monde n’est pas n’importe quel quotidien. Si j’en fais ce jour un sujet d’importance c’est parce que la formation politique de tout bon cadre nationaliste passe par une solide connaissance de l’adversaire ; et parce que jadis nos meilleurs cadres apprenaient à lire, à décoder et à comprendre la stratégie socialo-communiste en étudiant précisément les articles du Monde. Le Monde est LE journal de toute la gauche, plus que n’importe quel autre quotidien ou hebdomadaire, c’est la référence, c’est la signature de l’anti-France. Et en disant cela je ne reprends pas un credo des cours de l’AF ou de l’ami J-F. Chiappe à l’IEN. L’ancien Ambassadeur des USA en URSS en 1952, George F. Kennan, déclarait dansl’Encounter en 1976 « Même un journal comme Le Monde, un des meilleurs au monde, est maintenant profondément socialiste dans son esprit, et pas modérément socialiste ; chaque fois qu’il y a un problème entre Moscou ou Pékin et l’Occident, il soutient spontanément la cause communiste. ». C’était, et c’est encore, rigoureusement exact, cela s’appelle être un compagnon de route et c’est si vrai que Moscou a toujours bien pris soin de ne jamais privilégier, flatter ou même honorer le quotidien de peur que son utilité indispensable à la cause ne fût gâchée par une implication trop dévoilée.
L’enjeu était trop important, à la taille de l’influence considérable que le journal exerçait dans les milieux dits intellectuels et au sein de la gauche périphérique au PCF. Stratégie pure.
Car le quotidien ne se priva jamais d’être utile au point de transformer progressivement la société française, de modeler les esprits d’intellectuels faibles et serviles, de répandre la bonne parole modérée au profit de l’indéfendable, de vanter avec ferveur tous les régimes communistes sur des sujets adjacents à la politique (culture, arts, récoltes, modernité, sciences, architecture, cinéma, etc.) pour mieux les faire accepter de l’opinion alors qu’ils se révéleraient les uns après les autres comme autant d’échecs dramatiques et de dictatures sanglantes. Par ailleurs, il ne manquait jamais de fustiger la société occidentale et les régimes des pays libres, jugés ici autocrates, bellicistes ou fascistes, là colonialistes, réactionnaires ou mafieux pour mieux étendre son rideau de fumée sur celui de fer. Et lorsque peu à peu les crimes du communisme furent dévoilés enfin, le journal sut défendre à temps et toujours la liberté d’expression, les droits de l’homme bien sûr, mais sans jamais manquer d’atténuer avantageusement les méfaits de Staline et consorts. Il se distingua surtout à cette époque en jetant des doutes sur la véracité des écrits et l’honnêteté de Soljénitsyne, habilement, par allusions fielleuses qui se voulaient objectives évidemment ; par la censure de ses articles aussi. À ce sport il fut le seul journal à s’adonner malgré la réalité tragique des faits ; de concert évidemment avec l’Humanité qui, elle, tirait à boulets rouges sur l’écrivain comme il se doit. Enfin, la cible du Monde resta toujours obsessionnellement l’anti-communisme, ce qui lui permit de lancer un débat dont le sujet contenait la question et la réponse selon un rouage bien huilé « l’anticommunisme ne sert-il pas le fascisme ? ». Cela ne vous rappelle rien ? Remplacez aujourd’hui anticommunisme par « anti-islamisme » et vous aurez compris la logique constante du Monde de saper les valeurs occidentales quels que soient les contextes.
Mais revenons à la présentation de Monsieur Macron sur la Une du Magazine qui, aux dires de ses partisans, le ferait apparenter à Hitler. La méthode utilisée relève de la manipulation par associations d’idées, associations d’images mémorisées, comme d’autres utilisèrent des méthodes subliminales et hypnotiques au cinéma ou dans les publicités. Ce qui est cocasse en l’espèce c’est que ce soit Macron qui soit la victime de tels procédés. Poher a été en 1969 comparé à Hitler sur des affiches communistes, De Gaulle avait connu le même sort en 1958, et Le Pen a lui-même battu tous les records de diabolisation depuis. Souvenons-nous de cette photo en 1998 de lui entouré de ses chers Dobermans prise par Helmut Newton et comparée avec une photo du Führer avec son chien ! Il fallait oser l’amalgame et en cela les professionnels de la propagande communiste osent tout. Cela dit, Le Pen avait complaisamment joué le jeu avec ses chiens sans se douter qu’il serait associé à une photo totalement différente dans la pose, le cadre, la définition, sans rapport d’analogie graphique ! Le seul fait d’avoir baptisé ses chiens Odin et Thor lui valait peut-être cette grossière supercherie, mais celui d’Hitler ne s’appelait que Blondi ! Qu’importe, il fallait salir et inquiéter ! Les Gardes rouges de l’information sont toujours en poste et les méthodes d’influence varient. La publicité est aussi très utile en matière de suggestion : ainsi, en fin d’année, dans un hebdomadaire relatant la fureur de Mélenchon à propos de la perquisition subie à son domicile, figurait à proximité immédiate une réclame pour un médicament capable de soigner le côlon irritable… L’association d’idées était aussi flagrante que risible. Dans d’autres on pourra retrouver des interviews de Sarkozy avoisinant des pubs pour des montres de luxe créant ainsi une relation permanente d’idée avec le bling-bling, mais Julien Dray à ma connaissance n’a pas connu ce sort. Certes, ce sont là les règles du jeu politique avec un monde médiatique de plus en plus envahissant et arrogant. À qui la faute si la déontologie n’est plus ? Je ne plains ni Sarko ni Macron car il est juste qu’ils connaissent les inconvénients de l’étendue de leurs laxismes, et ce n’est que justice par rapport aux calomnies subies par notre camp sans jamais obtenir d’articles réparateurs. Mais examinons maintenant les fameuses excuses du Directeur en chef des rédactions du Monde, Luc Bronner :
Après s’être âprement défendu de toute référence au nazisme (un comble !), il explique que « son Directeur artistique n’a fait qu’emprunter ses références au graphisme des constructivistes russes du début du XXe siècle (…) ». On ne saurait mieux dire en matière de références car les constructivistes russes en question devinrent très rapidement les « artistes officiels » du Régime soviétique dès 1920. Pères créatifs de la Propagande dans l’art (et réciproquement), géniteurs du Stakhanovisme, illustrateurs du travail dans la joie au service de l’URSS. Un Productivisme omniprésent à titre d’exemplarité sociale, mêlant dans le même creuset la machine et l’homme, au nom des idéaux de la 3e Internationale ! En cela, nous sommes absolument sûrs que Le Monde a bien gardé ces références-là, graphiques et politiques, qu’il y est resté fidèle et que, pour une fois, il a dit la vérité.
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Les recruteurs du FN, par Bertrand Rothé et Jacques-Marie Bourget

Certains pensent que les gilets jaunes votent FN, d’autres sont plus nuancés et expliquent autrement la montée du RN.

L’un des intérêts de la révolte qui gronde, et il n’est pas mineur, est d’avoir escamoté un masque. Jusqu’au 17 novembre, premier Episode des Gilets jaunes, sur les écrans de télévision, ou derrière les micros, les commentateurs, reporters, correspondants nous étaient présentés comme des « journalistes ». Alors que le plus souvent, en bons chiens de garde, ils répétaient seulement les éléments de langage transmis par la Place Bauveau. Elle-même dressée, instruite et respectueuse des impératifs des maîtres, c’est-à-dire tout mettre en œuvre pour tenir le rythme de leurs extravagants profits…

Revenons à l’intérêt médiatique de la rébellion. Celui que nous venons d’évoquer. Subitement, sans doute jugée pas assez pugnace, l’armada des bavards menteurs et autres porteurs de micros a soudain été remplacée sur les antennes par de vrais flics. Depuis le 17 novembre, pas un écran pas une oreille n’échappe aux commentaires du policier-expert, de l’expert-policier ou de l’expert-expert. D’hommes et de femmes, cartes de flics dans le sac à main pour lesquels le matraquage ne s’opère plus avec des bâtons, mais avec des mots. Le « story telling » de l’ordre, pas forcément républicain. Saluons donc cette réforme audiovisuelle subreptice, elle a l’avantage d’installer l’authentique contre la copie, le vrai policier contre l’imité.

En Mai 68, par des affiches collées sur les murs en révolte, les citoyens avaient été prévenus : « ORTF : tous les soirs la police vous parle ». Un conseil d’ami comparable à celui aujourd’hui imprimé sur les paquets de cigarettes : « Attention fumer tue ».

Cette fois rien, aucun principe de précaution contre la nocivité des chaînes d’infos Nescafé (instantanées). Et nous autres, pour retrouver un poil de sagesse, réclamons derechef le retour de l’ORTF. L’Office de l’époque, pourtant honni, aurait été incapable de générer le fleuve de mensonges et de propagande qui vient de nous engloutir. Ce qui démontre que la presse « libre » l’est surtout de nous vitrifier. Imaginez que, sans broncher, des « journalistes » ont mis en ligne des vidéos captées depuis des caméras installées sur des casques de policiers. En 60 ans nous sommes passés du CRS=SS au CRS-reporters. Un vrai progrès. Mais, en ces heures de privatisation de la Justice est-il opportun de rappeler que chaque fois qu’un policier, qu’un gendarme, prend la parole en public il enfreint et le secret judiciaire et le secret professionnel. Pas grave. Chez les magistrats ne parle-t-on pas du siège, et la loi est faite pour s’asseoir : bientôt nos policiers seront dotés de cartes de presse. Ce ne sont pas eux qui, soudains relativistes, manif pour manif,  vont nous rappeler le coût de la reconstruction, à Rennes, du Parlement de Bretagne après qu’il ait été incendié par des pécheurs en colère : cinquante-deux millions. Les pécheurs c’est le vrai pays, la vraie colère. Pas l’anti France.

Pour mesurer l’effet du mensonge réfléchissons à ce que produit ce bombardement du faux sur l’opinion ? Les instituts de sondage nous répondent : « la montée du  Front National (excusez- nous pour l’usage maintenu de ce label indémodable). Ah bon ! Voilà donc que, passés à  l’essoreuse des rondpoints, les Gilets Jaunes, qui n’ont rien de « fachos », auraient subitement décidé de voter Marine Le Pen ?  Pourtant c’est faux puisque les « sans dents », ceux qui sont « personne », les « gaulois réfractaires » en jaune, n’ont pas ou peu changé d’avis. Leur geste citoyen fondamental étant de refuser de voter, pour l’essentiel ils restent encore sur cette position nihiliste. Et Mélenchon n’a pas davantage réussi à convaincre ces hommes et ces femmes qui ne croient plus qu’en eux même. Ce qui est beaucoup.

L’enflure de la proposition Le Pen vient d’ailleurs, de cette peur entretenue depuis un mois par les dociles médias. Ah les si utiles « casseurs » ! Ah le fleuve de larmes des commerçants « saccagés » ou « ruinés ». Avec chômage technique en vue et pourquoi pas la clé sous la porte. C’est ici, dans cette nébuleuse qui plane au-delà des Gilets Jaunes, et englobe le gratin des classes moyennes voire dirigeantes, qu’il faut cherche le regain lepéniste promis pour les prochaines élections européennes. Peu de « Jaunes » dans le lot. Ou plutôt les desperados suprêmes qui envisagent le vote FN comme une arme de destruction massive. Alors qu’il est l’avoine d’Emmanuel Macron. Et que le FN est contre l’augmentation du Smic, contre l’imposition des riches et vote en aveugle les lois scélérates du Parlement européen !  Peu importe, pendant les prochains mois les « journalistes » qui ont repris leurs sièges, encore chauds des fessiers de police, vont vous démontrer que cette montée du FN porte le maillot jaune. Un indice devrait les troubler, le fait que la moitié des Gilets Jaunes sont des femmes et pas toutes « illettrées ». Et que celles-ci votent très peu pour l’extrême droite… Cette acmé de Le Pen vient de cette France effrayée par des discours d’apocalypse, l’annonce de manifestations avec des morts promis des blindés. D’une « prise de l’Elysée » promise aux  descriptions de « scènes de guerre » ou de « guérilla », par des « journalistes » qui n’ont jamais mis un orteil dans un pays soumis à la vraie violence… Voilà le carburant de la fusée  Le Pen. C’est cette France qui se croit menacées de tomber à son tour Gilets Jaunes, et qui a peur d’eux, qui émigre de chez Macron ou Wauquiez vers Le Pen.  Comme le cadre effrayé par la perte de son tableau d’avancement. Bien sûr, puisque le diable de l’immigration est l’épée magique de nos politiciens, Emmanuel Macron l’a dégainée dans son discours post Baden-Baden. Et d’autres pyromanes à sa suite. Il s’agit de brandir la haine de l’étranger, le « Pacte de Marrakech » comme une mouche au-dessus de la truite, convaincre que l’urgence n’est pas de se loger, de se nourrir, mais de bloquer l’invasion, le « grand remplacement ». Ainsi « les immigrés sont devenus une menace mortelle pour tous les villages de France », jusqu’au Puiset-Doré (1193 habitants), où, hors les voiles de veuves le noir et le café sur le zinc, le noir est inconnu. Alors que ces « immigrés » débarquant en tsunami  ne sont que 0,2 % de la population. Une propagande venimeuse qui, nous montrent les enquêtes, prend très peu au sein de la communauté en révolte : le Jaune n’est pas la couleur du FN.

Tout cela au grand désespoir des médias, ceux qui s’estiment sérieux, pédagogiques, désintoxiqués. Qui lancent des injonctions à voter pour les candidats des banquiers qui sont leurs propriétaires : « pour éviter le Front National ». Alors qu’eux, ces « journalistes » qui parlent et écrivent comme des planches à billets, ils l’aiment  le FN. Comme une chose utile, la boule blanche du billard. Marine ? C’est leur outil, leur miroir aux alouettes, leur épouvantail. Sans FN ? Plus de Macron au pouvoir, lui ou son hologramme, la finance. Viendrait peut être un vrai nouveau monde, sans Pinault, Niel ou Arnaud. Sans BFM comme Académie. Lors de la dernière élection présidentielle Libération, le quotidien du milliardaire Dhrahi a titré : « « Faites n’importe quoi mais votez Macron ». Sans imaginer que voter Macron c’était faire « n’importe quoi ». Pas une seule seconde ces employés fidèles n’ont imaginé qu’assigner le peuple à voter Macron était lui proposer un avenir en gilet jaune, pour les uns. En « frontiste » pour les autres.

Faites un test de résistance à la torture. Soumettez un ami, réputé en bonne santé et résistant, aux rafales télévisées de Cohn-Bendit (un ami de l’OTAN qui n’a jamais eu d’ampoules aux mains), de Goupil qui balance ses sottises comme grenades  dégoupillées. Soumettez-le encore à Aurore Bergé, à Amélie de Montchalin, à un sous ministre de je ne sais quoi, nommé Attal. Si votre ami n’est pas mort, après avis médical, achevez la séance avec Griveaux et Legendre. Prêt à avaler des torrents d’encre bleu marine  votre cobaye aimé va crier grâce pour échapper à cette gégène des neurones. Au discours de ceux qui pensent bien, et pour nous.  Bourdieu a jadis évoqué les dégâts provoqués par « les racistes de l’intelligence ». Les voilà, ce sont eux. Même si c’est insulter l’intelligence, ils s’imaginent tels. Et les Gilets en pauvres cons. Le résumé de tout cela nous l’avons en vidéo sur Youtube. A l’image, sur BFM, un robot mayennais nommé Bruno Jeudy  qualifie un révolté de « faux Gilet Jaune » au prétexte qu’il exprime, en excellent français, un discours politique parfaitement documenté et construit. Le statut du gueux doit rester celui de « Deschiens », la norme naguère établie par cette odieuse série de Canal Plus (Ah, les dégâts de l’esprit « Canal », celui du dédain ! ).

Bref, par la magie du gilet le crétin est devenu visible. Mauvaise nouvelle « l’illettré » ne reste plus à sa place devant Hanouna. Un abruti homologué qui, justement, a signé une pétition pour que les Gilets regardent ses insanités plutôt que de se rendre aux rond-points. Le « blanc » ordinaire, fauché, malade sans  soins ne doit pas sortir de son image celle d’un homme sans qualité. Forcément raciste, homophobe, paresseux, amateurs de foot et buveur de « Kro ». Et c’est pire quand il manifeste un drapeau tricolore à la main, l’emblème d’un pays où il n’a aucune part de marché.

Pour exprimer leur mépris, celui de ce peuple misérable, les plus humains de des éradicateurs  b-h-liens enfoncent le clou, celui qui accroche leur image au mur de la honte, en utilisant des décombres d’un marxisme tourné en dérision. Les autres, pour bétonner leur bonne conscience, vont au plus simple. Ils piochent leur haine dans Cabu et son « Beauf », dans le « Dupont Lajoie » de Boisset. Haines de classe.

Personne n’a commenté la justification symbolique de la chasse aux Gilets Jaune organisée dans Paris par le pouvoir. Apprend-on encore en licence de socio de quelles façons les pauvres, petit à petit, furent chassés  des villes, Paris en premier ? Si ce n’est pas le cas nous allons réviser grâce au formidable livre du philosophe marxiste (eh oui) Henri Lefebvre  qui, à Nanterre, a croisé Paul Ricoeur le gourou de Macron. Je cite la présentation, en 2010, faite par Laurence Costes dans la revue « Espaces et Sociétés » où elle évoque « Le Droit à la ville » livre de Lefebvre publié en 1968 :

« Le phénomène urbain, tel qu’il se manifeste aujourd’hui, est une transformation majeure considérable ; sa généralisation, provoquée par l’expansion du mode de production capitaliste à l’ensemble des pays, témoigne de la portée de ce phénomène. Ainsi, Henri Lefebvre est un des premiers et rares à oser proclamer, dans cet ouvrage, la fin de la ville industrielle et l’émergence d’une réalité nouvelle, celle de l’urbain, affirmant l’éclatement de la ville en périphéries, en banlieues, ce que les années qui ont suivi ont confirmé, au-delà des espérances et des méfiances de l’auteur. Avec cette révélation, Lefebvre anticipe les mutations sociales et spatiales observées depuis par les sociologues de l’urbain. ».

Tout est écrit, dit, prévu-là. Les riches ont eu assez de mal à virer les pauvres de Paris – et de tous les cœurs de nos grandes villes-  pour les laisser faire, les laisser revenir même pour quelques heures passées en jaune. La mortelle « décentralisation » les a rendus à leur « territoires », à leur bouse. Ils doivent y rester collés. Et, par exemple, les Nantais ne doivent épuiser leur énergie que dans un seul but : réclamer leur rattachement à la Bretagne. Tant pis si c’est  grotesque sur le plan de l’histoire et si, en 1851 la mairie de la ville chassait le Breton comme on le fait aujourd’hui du « migrant ». Bref, tout est permis au gueux sauf sa présence sur le pavé de la Bastille. Des Bastilles.

Pour leur faire barrage la police et la gendarmerie, au prétexte de « casseurs » qui tombent à pic, ont mis en œuvre des moyens militaires : balayons du macadam ces cow boys de passage. Tout cela après le savant blocage, en amont, aux péages de la place forte des nantis, et celui des métros et du RER. Un couvre-feu de peste aviaire pour que le peuple ne puisse reprendre possession de ce qui fût sien.

Bertrand Rothé et Jacques-Marie Bourget

GROS DOSSIER…

 

 

 

 

6 JUIN 1944 : APRÈS LE DÉBARQUEMENT, LE DÉBUT DE LA FIN COMMENCE PAR LES CRIMES DE L’ÉPURATION
LES CRIMES DE L’EPURATION
« Il y a deux histoires, l’une que l’on enseigne et qui ment, l’autre que l’on tait parce qu’elle recèle l’inavouable » (Honoré de Balzac)
Si l’on en croit l’historien Henri Amouroux, les Français étaient majoritairement pétainistes jusqu’au débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Mais l’histoire d’après-guerre, écrite et enjolivée par les gaullistes et les communistes, a scindé le pays, de façon assez caricaturale, en deux camps : les résistants et les « collabos », ce qui permettait de minimiser les crimes commis à la libération : une période appelée « l’épuration » et qui, hélas, justifie bien son nom !

Qu’on le veuille ou non, la France de 1940 à 1944 a été pétainiste et passive à 90 ou 95%. Il y a bien eu une poignée, une faible proportion de la population, pour fournir les « résistants de la première heure » .

Le 22 juin 1941 l’armée allemande attaqua l’URSS scellant ainsi la rupture du pacte germano-soviétique. C’est seulement à partir de ce moment là que les communistes basculèrent dans la résistance. En mars 1942, l’instauration du STO poussa plus massivement des jeunes vers les maquis mais la résistance restera cependant marginale jusqu’au débarquement allié du 6 juin 1944.

Dans les clichés de cette époque trouble, on a retenu des résistants -gaullistes, communistes, socialistes- et une droite « maréchaliste » voire collaborationniste, ce qui relève des « mensonges de l’Histoire ».

La droite d’avant-guerre était, dans son immense majorité fortement antiallemande . Deux partis, exclusivement, se déclaraient fascistes : le « Faisceau » de Georges Valois –a rrêté pour « faits de résistance » à l’Hôtel Dardières , aux Ardillats par la Gestapo, le 18 mai 1944, il mourra du typhus, en déportation, à Bergen-Belsen, en février 1945- et le « Franscisme » de Marcel Bucard.

Seul le premier avait des accointances avec l’Italie fasciste. Le chantre de la collaboration fut Pierre Laval, ancien député socialiste . Les partis les plus collaborationnistes furent le « Parti Populaire Français » créé et dirigé par Jacques Doriot, ancien député-maire communiste de Saint-Denis qui mourra sous l’uniforme allemand et le « Rassemblement National Populaire » du député socialiste Marcel Déat, éphémère ministre de l’aviation en 1936.

La droite nationaliste, souvent favorable au maréchal Pétain, va s’impliquer massivement dans la résistance. Son premier martyr connu fut l’officier de la « Royale » , Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé au Mont-Valérien, le 29 août 1941. L’amiral Darlan était sur le point d’obtenir sa grâce quand, le 21 août, le Communiste Pierre Georges, futur « colonel Fabien » -qui ne sera qu’un pseudonyme que les communistes s’empresseront de sacraliser- tira dans le dos d’un officier allemand, l’aspirant Moser, au métro « Barbès » . L’histoire officielle n’a pas retenu ce détail, ni le fait que l’aspirant Moser attendait le métro sans arme, quand Pierre Georges lui a ( héroïquement ) tiré dans le dos. En représailles, cent otages sont exécutés dont Honoré d’Estienne d’Orves.

Hélas trop souvent, tels les ouvriers de la dernière heure, certains résistants tardifs se montreront les pires épurateurs (parfois pour faire oublier un passé de « collabo » ou une fortune bâtie en faisant du marché noir.)

C’est une époque où l’armée française, qui veut se persuader qu’elle a gagné la guerre, reconstitue ses effectifs en régularisant des FFI et des FTP communistes. Heureusement, avant d’en faire des militaires d’active, on envoie ces cadres au rabais tester leur niveau de connaissance à l’école des officiers de Cherchell, en Algérie. L’ancien député Marcel Bouyer, lieutenant FFI, ex-agent de liaison dans la poche de Royan, racontait en riant :

« Cherchell, c’était impayable ! Des gens y rentraient avec des galons de colonels et en ressortaient… sergents. ». Il est vrai que l’inflation aux galons était monnaie courante à l’époque : Jacques Delmas ( Chaban dans la résistance), futur maire de Bordeaux, aspirant en 1939, sera… général en 1944, à 27 ans. Malgré des états de service honorables, on n’avait plus vu ça depuis Bonaparte ! Mais, en ces temps troublés, tout est permis, il suffit d’oser ! On a même vu, chez les FTP, des « colonels à 6 galons » (un colonel en porte 5) dont un qui avait échoué à son peloton de… caporal en 1939.

> De Gaulle, décorant à Bordeaux une rangée d’une douzaine de « colonels » FFI ou FTP trouve, en bout de file, un simple capitaine auquel il déclare en souriant : « Vous ne savez pas coudre ? »

Tout ceci pourrait prêter à sourire, mais la France de la libération, c’est aussi celle des crimes de l’épuration qui demeureront une honte et entachera à jamais notre Histoire…

A la libération, en métropole, commencera une kyrielle de procès, plus ou moins bâclés, plus ou moins expéditifs, mais avec une apparence de légalité.

> Intransigeance d’une justice partisane et injuste : le 27 janvier 1945, la cour de justice de Lyon rend son verdict : Charles Maurras, 76 ans, l’un des écrivains les plus influents de son temps, est condamné à la réclusion perpétuelle et à la dégradation nationale pour « intelligence avec l’ennemi » .

Si quelqu’un n’avait jamais eu d’ « intelligence » avec l’Allemagne, c’était bien Maurras. Lutter contre le germanisme avait été l’un des buts de sa vie. Mais nous étions en 1945 et le seul fait d’être proche de Pétain valait d’être taxé aussitôt du crime de collaboration … donc de traître.

Durant la même période s’ouvre le procès de Robert Brasillach, directeur du journal « Je suis partout » . Condamné à mort, il a bénéficié d’un soutien massif des intellectuels -gaullistes et communistes, entre autres- qui ont signé une pétition pour demander sa grâce à De Gaulle. Le « premier résistant de France » refusa son recours en grâce et Brasillach fut fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge.
De Gaulle justifiera sa décision, plus tard, par « son indignation d’avoir vu Brasillach posant en uniforme allemand sur la couverture d’un magazine … ». Oui mais voilà, Robert Brasillach n’a jamais porté l’uniforme allemand. De Gaulle l’a simplement confondu avec Jacques Doriot. Un « détail » peu glorieux qui entache la « belle histoire » du gaullisme…
Le 15 août 1945, en plein été, la cour rend son verdict au procès Pétain : la peine de mort.

Ce vieux maréchal, qui, en juin 1940 avait « fait don de sa personne à la France pour atténuer ses malheurs » paie pour la lâcheté de tout un peuple.

En effet, arrêtons de faire croire que ce vieillard aurait fait, avec la complicité de Pierre Laval, une sorte de coup de force pour s’emparer du pouvoir. Rappelons les faits : les parlementaires français ont accordé les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix pour et 80 contre , soit, en gros, 85% des suffrages exprimés. Ce vote eut lieu le 10 juillet 1940. Comment ose-t-on écrire que la France et ses représentants légaux ne pardonnaient pas au maréchal d’avoir demandé les conditions d’un armistice le…18 juin ? Ils ont eu le temps de la réflexion et ont donc voté en leur âme et conscience.

> Dans un entretien à Valeurs actuelles en date du 13 décembre 1993, l’historien, Henri Amouroux, déclarait : « Le gaullisme a imposé l’idée qu’il ne fallait pas signer cet armistice et que Vichy était illégitime. C’est fabuleux ! Mais, ce n’est pas sérieux ! » .

L’épuration a été sanglante dans presque toute la France. Citons, par exemple, les « purges » et règlements de compte effectués, en toute impunité, par les FTP du Limousin. Des comportements monstrueux qui finiront par irriter puis indigner Georges Guingouin, commandant le « régiment de marche du Limousin » (FTP), bien qu’il s’agisse de ses propres troupes. Guingouin, maire de Limoges à la libération, sera exclu du PCF après un long procès « stalinien » ; il avait osé écorner le mythe d’une France combattante pure, incarnée par les communistes !

L’épuration, c’est aussi cet exploitant agricole en Charente, Paul de M…., qui a vu son père et son frère fusillés sous ses yeux parce qu’ils étaient aristocrates, catholiques et châtelains. L’enquête prouvera qu’ils aidaient la résistance non-communiste.

Robert Aron, historien de la période de l’épuration, note : « C’est un véritable armorial, un annuaire des châteaux ou un bottin mondain de province que l’on pourrait constituer avec les victimes. D’autant que beaucoup d’entre elles ont eu le tort inexpiable, tout en étant antiallemandes, de faire confiance à Pétain, ou bien d’être, dans la résistance, d’un camp différent de celui de leur assassin… » .

> C’est aussi, cette jeune fille, catholique et cheftaine des guides de France , qu’on viendra chercher le jour de son mariage pour la fusiller devant ses proches au motif que sa famille -mais pas elle !- aurait été « collabo …

C’est cet amiral en retraite, proche du maréchal Pétain, que les épurateurs vont écarteler entre deux camions en le brûlant à la lampe à souder…

C’est le comte Christian de Lorgeril, parent de d’Estienne d’Orves, mais à qui on reproche son château et ses idées monarchistes. Il est arrêté le 22 août 1944 : « Complètement nu, le malheureux dut s’asseoir sur une baïonnette. Puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés. Les bourreaux lui transpercèrent le thorax et le dos avec une baïonnette rougie au feu. Le martyr fut ensuite plongé dans une baignoire pleine d’essence à laquelle les sadiques mirent le feu. Leur victime s’étant évanouie, ils le ranimèrent pour répandre ensuite sur ses plaies du pétrole enflammé. Le malheureux vivait encore. Il devait mourir, 55 jours plus tard, dans les souffrances d’un damné… ».

Ce récit, d’un sadisme écœurant, est paru dans le quotidien « L’Aube » en novembre 1950. Nous étions revenus aux pires heures de la Révolution de 1789 !

Parmi la faune de barbares « résistants » de l’époque, figurait un certain Henrot, responsable, entre autres, du massacre de la famille de Buffières et du pillage de leurs propriétés de Dolomieu et Milliassière, près de Grenoble. Le rapport d’enquête établit que : « Le 16 août 1944 au matin, une équipe d’une dizaine d’hommes fut désignée et placée sous la responsabilité d’Henrot, pour se rendre au château de Dolomieu afin de ramener au maquis le comte et la comtesse signalés comme collaborateurs… Lourdement armés, ils enfoncèrent la porte et abattirent philibert venu à leur rencontre les bras levés. Il fut abattu d’une rafale de mitraillette… Son épouse, qui protégeait leur petit garçon Michel, resta au premier étage… Marcelle et son fils Michel furent emmenés au camp du Châtelard… Arrivée au camp, Marcelle fut soumise aux pires tortures… une nuit d’orgies, devant son fils… Marcelle fut exécutée par ordre ainsi que son fils, sans qu’il soit question de la mise en jugement ou d’une décision de condamnation… » .

Ce rapport d’enquête stipule que l’enfant de 5 ans reçut une balle dans la tête, allongé sur le corps de sa mère.

Philibert de Buffières avait un frère en camp de concentration. Il y mourra. Son fils Bernard était sous-officier dans l’armée de Lattre.

Quelques jours plus tard, le 22 août, toujours sous les ordres du « lieutenant » Henrot, la bande investit le domaine de Milliassière : « Elisabeth de Buffières nota dans son livre de messe, une phrase prémonitoire : « Aimer c’est se donner jusqu’au sacrifice. 22/08/1944 ». Les FTP pillent et saccagent le château. Puis, vers 22h30 ils repartent vers d’autres forfaits : « Elisabeth ne réapparaissait pas… Etendue sur son lit, elle avait reçu trois balles de revolver dont une dans la tempe, après avoir été violée… »

Le « lieutenant » Henrot, lui, ne rendra jamais de compte à la justice : tué d’une balle en pleine tête (sans doute tirée par un de ses hommes), le 3 septembre, place des Terreaux, à Lyon, durant la libération de la ville. Le nom de ce « grand résistant » figure quelque part, sur un monument aux morts « pour la France » .

Il existe un autre volet de l’épuration qu’on a trop tendance à minimiser : celui des femmes tondues.

Pour les « épurateurs », le fait de coucher avec l’occupant était sanctionné, à minima, par la tonte des cheveux. Ces femmes tondues étaient accusées de « collaboration horizontale » , un acte qui n’est pas incriminé dans le code pénal et qui n’a donc rien d’illégal. Certaines ont été lynchées, violées, torturées ou tuées. Le compte de ces victimes est difficile à établir. On parle de 20 ou 30 000, peut-être plus ?

Au nom de l’épuration, on a martyrisé et tondu des femmes amoureuses (celles, par exemple, qui refusèrent de quitter leur concubin ou leur mari allemand, lors des évacuations de civils des bases de sous-marins de Saint-Nazaire, Lorient et Dunkerque), puis celles qui, après tout, n’ont fait que leur métier (entraineuses, prostituées…). On se souvient de la tirade de la comédienne Arletty à qui on reprochait un amant allemand et qui répondit de sa voix gouailleuse et nasillarde : « Et alors ? Mon cœur est français mais mon cul est international ! ».

Après-guerre, des femmes tondues, battues, violées ont tenté des actions en justice contre leurs bourreaux mais leur action a été disqualifiée, elles n’étaient pas considérées comme des victimes.

Le chiffre officiel de l’épuration, communiqué par Adrien Tixier, alors ministre de l’intérieur, au « colonel Passy » (le capitaine Dewavrin) est de 105 000 victimes. Ce chiffre émanait des rapports des préfets. Il n’a jamais trouvé de démentis sérieusement étayés.

On a toujours tendance, pour minorer voire légitimer les crimes de l’épuration, à les mettre en parallèle avec ceux de la Milice, de sinistre mémoire. Mais les exactions barbares de la Milice, dans les derniers mois de la guerre, représentent entre 2 000 et 5 000 victimes. C’est odieux et énorme (sur une courte période et avec des effectifs armés d’environ 10 à 15 000 hommes à peine) mais cela représente de 2 à 5% maximum des crimes commis par les FTP et/ou d’autres (vrais ou faux) résistants…

Durant la seconde guerre mondiale, sur le sol de France, les « purges » de la libération et les bombardements anglo-américains firent, officiellement, 3 à 4 fois plus de victimes civiles que celles attribuées aux nazis.

« C’est la mémoire qui fait toute la profondeur de l’homme » soutenait Peguy. Dans le but de promouvoir une vérité historique par trop malmenée, Eric de Verdelhan –avec la sagacité qu’on lui connaît- a réussi la prouesse de transmettre dans son livre « Les massacres oubliés », cette mémoire si maltraitée de nos jours. +http://jeanyvesthorrignac.fr/wa_files/LES_20CRIMES_20DE_20L_27EPURATION_202018.pdf

Jusqu’ici, l’Histoire n’a été qu’un recueil de mensonges, d’ironies, de bouffonneries, un amoncellement de massacres et de cris de douleur. C’est ce qui est lassant chez elle : cette trame toujours semblable sous l’infini variété des motifs, cette lutte constante pour un chimérique pouvoir, ces victoires perdues, ces espoirs trahis, ces décadences, ces chutes, ces reniements, ces efforts vers un avenir qui se dérobe sans fin et qui ne relâche rien de ses exigences sanguinaires, donne une image de l’homme dont on ne saura jamais si elle exprime sa grandeur ou au contraire sa misère.

Albert Camus soutenait que « seule la vérité peut affronter l’injustice. La vérité ou bien l’amour ». Un homme qui écrit a charge d’âme, tout livre est un plaidoyer. Eric de Verdelhan, nous livre, ici, une étude réaliste à base de faits et de vérités vraies à l’histoire morale du XXème siècle.

José CASTANO

e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

« Il y a une jeune école historique qui veut mener une sorte de guerre privée et qualifiée d’héroïque contre le gouvernement de Vichy. Il me paraît absurde de renverser les choses au point de dire que non seulement le gouvernement a été complice mais qu’il a pris l’initiative d’une entreprise de répression des juifs. Je me demande parfois si, contrairement à l’idée commune, la part de sacrifice dans la politique et la conduite du maréchal Pétain n’ont pas eu des effets plus certains et positifs sur le salut des juifs que sur le destin de la France ». ( Annie Kriegel , journaliste-historienne Juive, ex militante communiste – Entretien à Valeurs actuelles , 25 mars 1991).

 

 

Le commencement de la fin…

Le siècle de la déchéance française s’est déroulé de 1918 , après une victoire qui avait sauvé la république de la guerre civile, Jusqu’à 2018 ou nous venons de vivre le préalable de l’insurrection citoyenne, contre la crapule officielle. Certes, comme il y aura toujours de pauvres, il y a toujours eu et il y aura toujours des crapules. Mais peut-être ne feront-elles plus la loi, si les Gilets Jaunes s’organisent. Déjà,  en 68, lors de la fuite du général parjure à Baden Baden, une confusion extrême avait menacé le pouvoir, et seule l’ habileté de Pompidou avait donné un délai à la République. Ainsi, elle continuerait à baptiser ses fidèles dans les eaux sales du régime et à mettre en place les écoles de coercition républicaines. Ce fut la main-mise de l’Etat, par le fric, sur  syndicalisme agricole « officiel », qui dès lors participa à l’élimination des paysans,mais ce fut surtout, la mise en place de l’E.N.A. qui devait formater quantité d’inspectrices  et d’inspecteurs des finances, pour en faire de parfaits Zombies tricolores. Peu, échappèrent au matraquage intellectuel !C’est ainsi que la devise républicaine évolua vers la liberté licencieuse , l’inégalité légale, et la fraternité tapette. L’apparition du Jupiter que l’on crut réformateur devait précipiter l’évènement. L’affirmation cent fois répétée que l’on ne toucherait pas aux retraites, et la suppression de leur indexation, fut le parallèle de la suppression de l’indexation des prix Agricoles par la camarilla gaulliste, pour alléger le poids du panier citadin de la ménagère, dans l’intérêt bien sur de l’industrie et du Capital ! On imagine dans les deux cas le sourire épanoui des institutions à la Rothschild.

La différence entre les deux réformateurs anti- populaires ne réside que dans l’apparence. Il y avait quelque chose de hideux dans le physique Gaullien, comme si le parjure avait été enfanté par la femelle Laideur et par le mâle Ridicule, tandis que Macron avait plutôt quelque chose du sacristain adolescent  qui promettait de ne pas siffler les burettes de la messe. Tout de même je me méfiais. Gustave Thibon m’avait appris qu’au Moyen –Âge, le diable était parfois appelé : « l’Adolecent ! ». Celui qui ne sera jamais un homme…

Il faut aussi dire un mot du premier ministre, qui risque de réplonger assez vite dans les ténèbres d’où il n’aurait du jamais émerger. Mais en affirmant avec hauteur que Macron ne changerait pas de culotte, alors que le peuple en reniflait le caca, il paraît la grande victime de l’évènement. Il pourrait même donner à François Bayrou, la « chance » de devenir la béquille du régime. Mais est-il possible que le Maire de Pau ait à ce point le goût du suicide ?  Car ce serait je crois bien dans le cas, un suicide assisté…

Mais l’évènement dans l’évènement, c’est la place prise par les femmes dans le sursaut populaire.
Certes les femmes ont toujours joué un rôle particulier dans l’histoire, et parfois un rôle assez peu ragoutant . La grande Révolution eut des « tricoteuses » et ses putes sanglantes comme Théroïgne de Méricourt. Mai 68  eut ses « Sartreuses» qui revendiquaient hautement la sodomie arabesque ! Le hollandisme eut ses « femens » qui faisaient du nichon peinturluré une séduction de plus pour le chaland libertaire. Les gilets jaunes ont vu  au contraire,  une féminité de tout âge, de toute race, et de toute classe, certaines engagées privées du nécessaire, et certaines mues par un simple souci de Justice, renouveler le climat révolutionnaire face à la tripe satisfaite de nos bateleurs jacobins. Elles ajoutaient à la virilité retrouvée des mâles français, l’exigence de la maternité citoyenne, l’enfantement d’une société enfin équitable, le culte de la Déesse justice, la revendication patriote contre les apatrides ! La décence, contre le pouvoir sodomique du capital ! les chaises dorées,mais percées,  des chenapans parvenus , la vénalité de notre anti-civilisation ! Contre le « déclin du courage »…

Il me semblait que ces femmes Françaises rejoignaient quelque part le grand combat dont nos médias parlent trop peu, de ces femmes arabes, souvent femmes martyres,ô combien, qui luttent pour leurs filles de la tyrannie Coranique ! Oui ! Cette monstrueuse religion, que récemment le monstrueux Castaner, osait monstrueusement comparer au Christianisme !

J’ai déjà dit qu’une révolution de masse  révélait la conjonction des pensées populaires. Elles ne sont point toutes pures, et c’est dire qu’une révolution même réussie, doit être critique envers elle –même. Et cela d’autant plus que le pouvoir menacé tentera d’avilir le contre-pouvoir,  par de subtiles provocations. Je ne sais pas  dans quelle mesure le gouvernement actuel a-t-il été complice des « casseurs » qui ont tenté de dévaluer le mouvement, mais ce qui est évident, c’est que les représentants de l’ordre avaient l’ordre de ne pas s’en prendre à la racaille afin d’ajouter à la confusion ! Et pourtant, l’ordre de faire feu eut été légitime, et tout le monde sait que réprimée par le feu, la racaille des zones de non-droit ne reviendrait pas à la charge. Mais c’est la tolérance qui est aujourd’hui, l’agent incitatif du crime !

Il me paraît que le Macronisme est suffisamment fautif pour qu’on ne lui ajoute pas ! Quand le Sarkozy de service venait à Pau, complimenter les policiers de n’avoir pas tiré sur les racailles qui attaquaient leur commisariat, il se faisait complice de la subversion.  Pleinement aux ordres des yankees, le régime Hollandien fit plus largement encore de ses socialistes, des boute-feux, sans qu’ils en eussent la vocation. Tout cela devrait se juger un jour. Après bien sur, que la peine de mort eut été rétablie….Les criminels gardés en détention perpétuelle coutent vraiment trop cher à la république !

Il faut dire un mot sur les policiers,  mobilisés parfois contre le peuple, mais partagés lorsque le régime commanditaire devient impopulaire ! Ils obéissent à ce qui paraît être l’autorité. Certes, nous n’en sommes pas, et  de loin, dans la situation ou l’on trouva un colonel de gendarmerie pour ordonner les tortures sur les partisans d’Algérie Française, mais cette race servile existe toujours ! Sans doute, est-il certain qu’un coup d’Etat instituant une Sixième République, verrait le ralliement immédiat des forces de l’ordre, mais avant d’en arriver là, il faut laisser toutes ses chances à la négociation. D’ailleurs, en pénalisant quantité de petits commerces et d’ouvriers, le mouvement des Gilets Jaunes, perdrait l’audience populaire qu’il à eu jusqu’ici.

La forme de démocratie que nous subissons est un faux semblant : Elle fait en sorte que la nation puisse avoir 51% de gavés, qui seront démocratiquement du coté du manche, contre 49%  de citoyens au régime des clopinettes. Le scrutin majoritaire sert à cela. De sorte que je ne crois absolument pas à la franchise de la parole gouvernementale. Mais je puis me tromper. Les prochaines élections Européennes seront un test. Si elles sont un échec pour le régime le débat violent reprendra, et le pouvoir  à venir se ramassera dans la rue.

En tombant devant les barricades, Gavroche chantait : « Si je suis tombé par terre, c’est bien la faute à Voltaire ! »Moi j’espère que, dans la confusion qui s’annonce on n’entendra pas un de nos poulbots tomber en chantant :

« Si j’ai glissé sur l’étron, c’est bien la faute à Macron ! »

Alexis Arette,

qui s’excuse de ne pouvoir répondre aux lettres de ses amis.

Hiver Islamique…

Un peu d’histoire pour bien comprendre le monde d’aujourd’hui!!!

Quand l’Occident a laissé tomber le Shah d’Iran, il a été remplacé par Khomeini avec les conséquences que l’on sait. Quand Saddam Hussein a été éliminé, il a été remplacé par le chaos et l’émergence du groupe armé État Islamique. Quand on a abandonné Moubarak, il a été remplacé par Morsi, un  rère  Musulman. Quand on a viré Ben Ali, ce voleur corrompu, en Tunisie, il a été remplacé  par un parti Islamiste, Ennahda. Quand on a tué Kadhafi, il a été remplacé par un chaos total (et on a eu  droit au déferlement de migrants).
On  se réjouissait d’un « printemps arabe », on a eu un « hiver  islamiste ».
Chaque  fois qu’on a agi pour déboulonner un dictateur corrompu, on a eu à la  place un régime pire. Y  avons-nous gagné au change? Les populations de ces pays sont-elles plus  heureuses? Avons-nous constaté une avancée de la démocratie ?  Réponse :  jamais.

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Le  point commun de tous ces dictateurs renversé est qu’ils étaient laïcs,  farouchement opposés aux islamistes qu’ils réprimaient d’une main de  fer.

Aujourd’hui,  l’Occident fait tout pour se débarrasser d’Assad en Syrie. Si on y arrive,  on peut à coup sûr parier qu’il sera remplacé par pire que lui. Une  fois  de plus, la différence entre ce fou sanguinaire et ceux qui lui  succèderont est qu’il est un laïc et qu’après lui des sanguinaires fous  mais islamistes prendront le pouvoir.

Pas  de quoi être optimistes, mais peut-être l’occasion de se demander si le  concept de « devoir d’ingérence » est vraiment pertinent…
Le  philosophe Kierkegaard écrivait:  » La vie doit être vécue en regardant vers  l’avenir, mais elle ne peut être comprise qu’en regardant vers le  passé. »

 

J’ai la certitude que notre première grosse erreur a été de laisser tomber la Shah d’Iran; toute l’islamisation galopante est partie de là

 

Maintenant, constatons:

Emmanuel Macron, le président français, n’a pas d’enfant…

La chancelière allemande Angela Merkel n’a pas d’enfant…

Le Premier ministre britannique Theresa May n’a pas d’enfant.. .

Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni n’a pas d’enfant…

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte n’a pas d’enfant…

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven n’a pas d’enfant…

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel n’a pas d’enfant…

Le Premier ministre écossais Nicola Sturgeon n’a pas d’enfant…

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker n’a pas d’enfant…

Donc l’avenir de l’Europe est confiée à des gens qui n’ont pas d’enfant ! Ils ont donc une vision à COURT TERME… Ils se foutent COMPLÈTEMENT de l’avenir de nos enfants…

L’Indécence, l’arrogance et le Mépris !

 

« Thor, fils d’Odin je t’accuse d’avoir trahi le commandement de ton roi, par ton arrogance et stupidité. Tu as livré ce paisible royaume et ces vies innocentes à l’horreur et à la désolation de la guerre. Tu es indigne de ces royaumes, tu es indigne de ton rang, indigne de la famille que tu viens de trahir. Je te retire ton pouvoir ! Au nom de mon père et de son père avant lui ! Moi Odin Père de toutes choses je te bannis ! »(THOR (film) Odin à Thor) – [THOR : Dieu du tonnerre dans la mythologie nordique]

 

            Alors que la colère gronde et enfle dans le pays, que la crise atteint son paroxysme, que le peuple pressuré, exsangue, hurle sa détresse et se révolte contre les bas salaires, la vie chère, la précarité, les taxes et les impôts, le couple Macron qui compte bien laisser sa trace à l’Elysée, a décidé de restaurer ce palais pour un montant estimé à plus de 100 millions d’euros par la Cour des comptes.

Moquettes, rideaux, mobilier, ornements, rien ne sera omis afin de rénover dans le luxe les 365 pièces, la salle des fêtes, le salon Napoléon III et le jardin d’hiver.

Les travaux ayant débuté le 29 novembre 2018, ils dureront jusqu’au 15 janvier 2019. Pour les justifier, la première dame s’est ainsi expliquée : «On avait l’impression que l’Élysée était devenu une forteresse qui se protégeait de l’extérieur. On va alléger, épurer. Il faut que la lumière entre ».

Quand on demande des sacrifices au bon peuple et qu’en contrepartie on dilapide son argent en futilités, il y a, effectivement, de quoi se révolter…

Et le couple présidentiel n’en est pas à son coup d’essai…

Qui se souvient de la « vaisselle de l’Elysée » ?…

Le 13 juin 2018, Le Canard enchaîné dévoilait que l’Elysée avait passé commande à la manufacture de Sèvres : 1200 pièces de vaisselle pour la coquette somme de 500.000 euros. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement,  justifiait alors cette dépense en ces termes : « Le président de la République procède à une commande publique qui permet de recevoir à la hauteur des personnalités qui défilent à l’Elysée […] Une commande a été faite pour changer le service dans sa totalité, cela n’avait pas été fait depuis le président René Coty »… sauf que, Jacques Chirac avait déjà procédé en son temps au remplacement de la faïence élyséenne…

Conclusion : Le couple présidentiel peut festoyer dans des assiettes à 400 euros pièce alors que ceux qui sont pauvres, restent pauvres… et mangent dans des assiettes souvent ébréchées.

Qui se souvient de la piscine du fort de Brégançon ?

Fin juin 2018, le couple présidentiel préférant l’eau chlorée au sel de mer, a déboursé (par le biais du contribuable) 34 000 euros pour faire installer une piscine dans cette résidence estivale… L’idée étant d’éviter de s’exposer aux paparazzis lors de leurs baignades… Tout cela pour, qu’in fine, Emmanuel Macron sorte à un badaud quelques semaines plus tard : « Je n’aime pas les piscines, je préfère mille fois la mer ».

… Et ce n’est pas fini !…

Dans son rapport annuel sur l’Élysée, les magistrats de la Cour des comptes viennent de dévoiler une estimation globale des coûts liés à Brigitte Macron en cette première année de quinquennat. Depuis son arrivée à l’Élysée, la Première dame de 65 ans (issue d’une des plus riches familles d’Amiens) qui, aux dires du personnel demeure toujours la « maîtresse d’école » du président (de 24 ans son cadet) a, à sa disposition, un directeur de cabinet et un chef de cabinet, tous deux aidés de deux secrétaires – notamment en charge de la préparation de ses rendez-vous et déplacements-. Une petite équipe à ses côtés au quotidien dont sept agents spécifiquement chargés de répondre au courrier (paraît-il important) : Masse salariale estimée à 278 750 euros par an.

A l’exception de cette somme affichée officiellement, le rapport est avare de détails, au regret des magistrats : « La Cour s’est attachée à recenser les différentes dépenses qui sont plus particulièrement affectées à Brigitte Macron, sans toutefois pouvoir chiffrer la totalité de ces dépenses, en l’absence d’une comptabilité analytique suffisante ».

À cela s’ajoute également les six bureaux dont Brigitte Macron dispose dans « l’aile Madame » de l’Hôtel d’Évreux. Outre les quatre collaborateurs précités, ils abritent aussi les membres du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) qui se chargent de sa sécurité, ainsi que deux véhicules présidentiels, un pour ses déplacements et une voiture pour les agents du GSPR « précurseurs ».

Bien qu’aucun budget de représentation ne lui soit attribué, la première dame  bénéficie, en sus, des services de la coiffeuse-maquilleuse de la Présidence. Celle-ci perçoit un forfait brut mensuel de 5 200 euros… chiffre moindre (reconnaissons-le) par rapport à celui de François Hollande dont les près de 10 000 euros de coiffeur avaient fait polémique…

Question vestimentaire, Brigitte Macron n’est pas en reste… Souvent décriée pour le contenu exorbitant (voire, outrageant) de sa garde-robe, elle a essuyé les foudres de l’écrivain Yann Moix qui, le 24 novembre 2018, s’insurgeait de la sorte sur le plateau « Des Terriens du samedi » : « Lors des commémorations du 11 novembre, de sinistre mémoire, elle a porté un manteau Vuitton à 3 600 euros. La marque du manteau a supplanté la marque de l’Histoire ce jour-là. Mais c’est normal en fait, qu’elle aime Vuitton, parce qu’il y a des liens vraiment très forts entre Vuitton et Emmanuel Macron », a-t-il déclaré.

À l’occasion de ces mêmes cérémonies, le magazine Closer qui assure la « promotion » de la première dame, se pâmait : « Brigitte Macron enchaîne 5 tenues différentes en deux jours ! » Les « gilets jaunes » apprécieront…

Pour 2018, la dotation budgétaire de la présidence ayant été fixée à 103 millions d’euros par la loi de finances, le couple élyséen ne connaîtra certainement pas de marasme…

« Qui s’aime trop a aisément du mépris pour les autres », dit un proverbe danois. En ces jours de colère exprimée par le petit peuple lassé de tant de mépris et de cynisme, l’arrogance de Jupiter gagne en déchéance et précède sa ruine, son orgueil précède sa chute.

                                                                                    José CASTANO

                                                       Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

 

Une page noire du gaullisme…

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1er décembre 1944

Le massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée française gaulliste

 

« Prisonniers noirs je dis bien prisonniers français, est-ce donc vrai que la France n’est plus la France? […] Sang ô sang noir de mes frères, […] vous êtes la souffrance qui enroue ma voix » (Léopold Sédar Senghor)

 

Au pouvoir à Paris depuis août 1944, le Gouvernement Provisoire de la République Française, le G.P.R.F., est dirigé par Charles De Gaulle. A ce titre, il est reconnu par les puissances Alliées (Royaume-Uni, Etats-Unis, U.R.S.S) en octobre 1944. Dès lors, la remise en question des troupes africaines dans le scénario politique de la Libération devient son obsession…

L’historien Canadien, M. Echenberg précise que « pour de Gaulle et les gaullistes, la participation africaine aux opérations militaires de la Libération constituait une source d’embarras. Si les sujets de l’empire étaient aussi sans contredit des enfants de la France, il semblait exagéré de leur attribuer un rôle actif dans la libération de la mère patrie. »

Fin novembre 1944, des prisonniers de guerre africains rescapés des mobilisations et des combats de 1939-1940 (campagne de France) et 1942-1944 (campagne d’Afrique et débarquement en Provence) sont rapatriés en AOF. Les 1280 premiers « tirailleurs sénégalais » originaires des territoires d’AOF sont internés au camp de Thiaroye, ville du Sénégal située dans la banlieue de Dakar, au sud de la presqu’île du Cap-Vert, entre Pikine et Rufisque.

L’objectif est de les démobiliser dans le contexte général du « blanchiment » de la nouvelle armée française commandée par le général DeGaulle. Ces prisonniers –soldats des troupes coloniales- étaient détenus en France dans des frontstalags, camps de prisonniers de l’Armée allemande qui regroupait essentiellement les soldats des troupes coloniales par peur de maladies tropicales ou d’atteinte à la « pureté du sang aryen ». Les dirigeants de l’Allemagne nazie ne voulant en aucun cas de la présence d’« hommes de couleur » sur le sol allemand.

La victoire pratiquement acquise, ces « coloniaux » n’avaient désormais plus, pour le gouvernement gaulliste, de raison d’exister. L’ère du « blanchiment » primait sur toute autre considération…

Ces soldats africains qui avaient largement contribué aux opérations de libération de l’île d’Elbe, puis au débarquement de Provence (15 août 1944) et à la libération de Toulon (23 août 1944) puis de la vallée du Rhône, qui combattaient dans le nord-est de la France à l’automne, furent en quelques jours remplacés par des jeunes Français… qui n’avaient jamais combattu. L’argument officiel fut le risque du froid hivernal, mais il n’était que de pure forme.

Selon M. Echenberg les motifs politiques de De Gaulle sont les suivants : « associée au succès des Alliés qui avaient libéré la France de la honte et de l’humiliation, la jeunesse française pourrait humer, ne serait-ce que de loin, le parfum de la victoire. » L’épreuve du « blanchiment » fut très rude pour les soldats africains, qui étaient au nombre d’environ 20 000 : « relevés de leurs positions sur les lignes de front et sans aucune forme de procès, on leur retira leurs armes et jusqu’aux uniformes qu’ils portaient et on les renvoya dans le sud, où ils passeraient la saison froide en attente des navires qui les ramèneraient en Afrique. »

Les tirailleurs africains libérés devaient toucher leur solde avant leur démobilisation : celle-ci se composait des arriérés de solde depuis leur mobilisation, leur prime de démobilisation et leurs économies de la période du frontstalag. La nouvelle administration mise en place par De Gaulle après la chute du régime de Vichy, refusa de leur verser cet argent à l’embarquement et leur promit de régulariser la situation en Afrique.

A leur arrivée en AOF, cette administration procéda, le 28 novembre 1944, à des conversions arbitraires de francs métropolitains en francs CFA des montants de démobilisation. Un groupe de tirailleurs, qui devaient regagner Bamako et le Soudan français, refusèrent de prendre la route. Le 30 novembre 1944 Le général Dagnan vint à leur rencontre au camp de Thiaroye. Pris à partie, l’affaire vira – selon la hiérarchie militaire- à l’émeute… ce qui décida le général Dagnan, en accord avec son supérieur, le général de Boisboissel, commandant des troupes à Dakar, de recourir à la force, le 1erdécembre 1944.

Ce jour là, les tirailleurs sans défense furent rassemblés sur l’esplanade du camp de Thiaroye. En face d’eux, cernant l’enceinte, sous les ordres du lieutenant-colonel Le Berre, 1100 tirailleurs du service d’ordre, acheminés depuis Saint-Louis, 120 soldats et officiers français. Les unités engagées dans l’opération étaient le 1er R.T.S, le 7ème R.T.S, le 6ème R.A.C. et la gendarmerie, le tout appuyé par trois automitrailleuses, deux half-tracks (autochenilles blindées) et un char américain. A 9h30, le feu fut commandé… et ce fut l’hécatombe.

Le bilan officiel (minimisé selon de nombreuses sources) dressé au lendemain des événements fit état de 70 morts (24 morts le jour de l’assaut et 46 blessés qui décédèrent finalement à l’hôpital). Par ailleurs, 34 tirailleurs considérés comme « meneurs », furent condamnés en mars 1945 par un tribunal militaire  à des peines de un à dix ans de prison. Ils seront graciés en 1947 mais jamais réhabilités depuis.

Sur le massacre des tirailleurs sénégalais par l’armée française gaulliste, à  Thiaroye -un des événements les plus sanglants de l’histoire de l’Afrique de l’ouest dans les années 1940-1960- l’Histoire officielle retiendra que ces soldats tombés sous les balles françaises, ne sont pas « morts pour la France ».

14 ans plus tard, alors que le général De Gaulle s’apprêtait à visiter Dakar au cours de son voyage de propagande en vue du referendum constitutionnel du 28 septembre 1958, le Comité de Défense des Libertés Démocratiques, sous la conduite du Parti Africain de l’Indépendance, organisa le 17 août 1958 un pèlerinage à Thiaroye, pour « honorer la mémoire des soldats noirs massacrés en 1944 par le général de Gaulle ». Au retour, les « pèlerins » se heurtèrent aux forces de l’ordre. L’échauffourée dura plusieurs heures et fit de nombreux blessés.

En août 2004, la journée du 23 août fut déclarée Journée du tirailleur sénégalais  par le Sénégal, qui invita les autres États d’Afrique d’où étaient originaires les tirailleurs. Le massacre de Thiaroye y est désormais commémoré.

Le choix de la date du «  23 août  » n’est pas anodin. Il correspond, en effet, au 23 août 1944, qui marque la libération de la ville de Toulon par le 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais et symbolise aux yeux de l’ex Président de la République Abdoulaye Wade (1er avril 2000 au 2 avril 2012), « la participation de l’Afrique à la libération de la France et à la lutte des forces alliées contre le nazisme  ».

« Répression d’une mutinerie » : Ce fut la thèse officielle de l’État français de 1944 à 2014, année où ce massacre fut officiellement reconnu par la France. On a également invoqué « la peur de la classe dirigeante française de voir les tirailleurs sénégalais porter, plus tard, des revendications politiques plus massives pour l’indépendance, en s’alliant avec la population locale ». Cela n’a pas empêché le Sénégal d’accéder à son indépendance, le 4 avril 1960.

… Ne faudrait-il pas voir également dans ce massacre le contrecoup de la défaite anglo-gaulliste à Dakar, le 23 septembre 1940, face à l’armée coloniale française loyale au régime de Vichy ? C’est envisageable. De Gaulle avait la réputation d’être un homme orgueilleux, cinglant et rancunier. Il le démontra de nouveau, 17 ans plus tard, en retournant les armes françaises contre les Français d’Algérie… ceux-là mêmes qui l’avaient ramené au Pouvoir en 1958 mais à qui il refusait de pardonner leur trop grande fidélité au Maréchal. « Tous Pétainistes ! » clamait-il.

 

José CASTANO

Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

 

 Les politiques, l’État et l’Armée

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 Les politiques, l’État et l’Armée

 

A observer certains évènements récents qui se sont produits en France, on est en droit de s’interroger sur leur sens et de se demander s’ils n’expriment pas une forme de nihilisme privilégiant systématiquement le rejet d’un passé qui serait honteux plutôt que la célébration d’une histoire riche et glorieuse. Une telle attitude  conduit insidieusement à fragiliser la Nation. L’autorité de l’État, si nécessaire aujourd’hui,  peut-elle sortir renforcée du dénigrement de son action passée ?

Cette culpabilisation est irresponsable. Elle instille le doute, conduit à la perte de confiance et entraîne inexorablement notre pays sur la voie du déclin. Elle est d’autant plus surprenante qu’elle se développe au moment où l’État peine à exercer ses prérogatives régaliennes. Elle est d’autant plus grave qu’elle met en cause non seulement des hommes politiques mais également, et implicitement, son bras séculier l’Armée.

Le mensonge par omission

L’ASAF estime que la politique de Mémoire a pour but principal la connaissance et la compréhension de notre Histoire, qu’elle doit contribuer à rassembler les Français plutôt qu’à les diviser et à leur donner des exemples propres à renforcer leur confiance en leur pays.
Cela impose de rappeler le contexte historique et le cadre géographique dans lesquels se déroulent  les évènements évoqués.

La démarche du président de la République vers la famille de Maurice Audin s’est affranchie de cette exigence  intellectuelle. En effet, le destin de ce militant doit être inscrit dans le soutien qu’il apportait aux terroristes poseurs de bombes du FLN qui tuaient et estropiaient chaque jour des civils innocents à la sortie des écoles ou dans les bars fréquentés par de nombreux jeunes.

Omettre sciemment ces éléments de contexte aussi fondamentaux, c’est travestir la réalité. Il n’est pas acceptable de dénigrer les décisions de l’État et condamner même implicitement l’action de l’Armée si l’on oublie de rappeler que, chaque jour, des victimes innocentes comme celles du Bataclan en 2015, tombaient à Alger en 1957. Les Français d’aujourd’hui pourront alors comprendre pourquoi, dans l’urgence et faute d’outils techniques plus performants pour rechercher les renseignements, tous les moyens disponibles furent utilisés pour arrêter cette hémorragie.

Une repentance trompeuse et destructrice

À entendre la surenchère de certains propos culpabilisants, on en vient, par exemple,  à oublier que les terribles  massacres de dizaines de milliers de harkis, qui commencent le 19 mars 1962, malgré les engagements pris, et qui vont se poursuivre massivement après l’indépendance de l’Algérie du 3 juillet 1962, sont le fait des égorgeurs et éventreurs du FLN algérien !

Cette attitude de repentance qui consiste à taire et détourner les réalités du présent, telle la sévérité des combats au Sahel contre les islamistes, en condamnant le passé est dévastatrice pour nos armées et par là même pour notre Défense. Elle sème le doute dans les esprits de nos soldats sur le bien fondé de leurs engagements opérationnels d’aujourd’hui. L’Armée est-elle condamnée à servir de bouc émissaire aux dirigeants politiques n’assumant pas leurs responsabilités du moment ? Leurs successeurs dénonceront-ils demain, dans un contexte inévitablement différent, les engagements de nos armées en Afghanistan, en Irak  et au Mali contre les djihadistes ?

Enfin, cette repentance, servie ad nauseam à propos de l’aventure coloniale française, ne contribue-t-elle pas à faire douter les Français d’eux-mêmes et à susciter chez certains d’entre eux, fraîchement naturalisés, un désir de revanche fragilisant un peu plus la cohésion nationale ?

Plutôt que Maurice Audin, complice de terroristes, pourquoi n’avoir pas mis en avant des comportements héroïques tels celui de l’ingénieur Keller révélé récemment au grand public par une production de France 5, « la source K », ou de ce couple, parents de cinq enfants, qui s’est engagé dans la Résistance malgré les risques considérables encourus pour leur famille ?
Ces trois résistants qui seront déportés et dont deux  succomberont dans les camps de la mort, ne sont-ils pas les héros dont les jeunes ont besoin et que, hélas, la France ignore ?

Une Nation fragilisée

La France a célébré récemment le 75e anniversaire de la libération de la Corse, premier département libéré. Il l’a été par le bataillon de choc, les goumiers marocains et la Résistance.
Des jeunes scolaires ont été intelligemment associés aux cérémonies. Mais quelle honte d’avoir vu des élus de cette région, et non des moindres, participer aux cérémonies sans porter leur écharpe tricolore, sans chanter la Marseillaise, et déposer des gerbes sans ruban tricolore avec des inscriptions en langue corse.

Ces comportements sont-ils acceptables alors que la Constitution rappelle que « la France est une République indivisible,  que  la langue officielle de la République  est le français, et enfin que les partis et groupements politiques … doivent respecter les principes de la souveraineté nationale… » ?

Quand bien même ces dirigeants indépendantistes n’étaient pas nés alors que  les résistants, les goumiers et les commandos se sacrifiaient pour le drapeau français et la liberté, devons -nous accepter dans l’indifférence ces comportements d’élus ? Si oui, de quelle Nation et de quel lien armée-nation parlons-nous ?

Une  raison d’espérer cependant : les applaudissements nourris initiés par des Corses profondément français, lors des dépôts de gerbes par le consul général du Maroc en Corse puis par madame Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées. Les quatre dépôts de gerbes précédents, ceux des élus corses, eurent lieu dans un silence gêné et réprobateur.

L’urgence d’un État rassembleur et fort

Il est temps que les responsables politiques d’aujourd’hui cessent d’affaiblir l’État en s’érigeant en juges d’un passé qu’ils connaissent souvent mal où qu’ils observent d’un œil partisan. Ils doivent, au contraire, renforcer l’unité de la Nation, susciter le dépassement des Français en honorant les héros qui ont fait et font aujourd’hui la fierté de notre pays. Il est essentiel qu’ils se concentrent sur la tâche immense qui est la leur aujourd’hui plutôt que de dénigrer l’action de leurs prédécesseurs et de notre Armée.


La Rédaction de l’ASAF
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